Yokai japonais : les créatures de légende du folklore japonais
Imaginez une vieille lanterne qui s’anime soudain dans l’obscurité. Un renard qui emprunte le visage d’une femme pour traverser un village. Une créature à carapace de tortue qui attend les baigneurs imprudents au bord d’une rivière. Ou encore un géant aux cornes rouges, massue à l’épaule, rugissant dans la nuit. Bienvenue dans l’univers des yōkai (妖怪).
Les yōkai, que l’on écrit aussi yokai ou yôkaï, sont des figures ancrées dans le folklore japonais, nées de siècles de croyances populaires, de peurs collectives, d’humour rural et de poésie de l’invisible. Ils sont au Japon, ce que les lutins, les loups-garous ou encore la Dame Blanche sont à nos contes et légendes.
Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon complet : qui sont les yokai, d’où viennent-ils, comment les reconnaître, et pourquoi continuent-ils de fasciner aujourd’hui ? Comprendre les yokai, c’est comprendre un peu plus la culture japonaise dans ce qu’elle a de plus vivant.
Sommaire
- Croyances populaires, nature et lieux du quotidien
- Influence du shinto, du bouddhisme et des récits anciens
- Des contes oraux aux images imprimées
- Les yokai animaux
- Les yokai liés à la nature
- Les objets qui prennent vie : les tsukumogami
- Les yokai humanoïdes
- Les esprits et apparitions : attention à ne pas tout confondre
- Oni : les ogres ou démons japonais
- Tengu : les esprits des montagnes
- Kappa : les créatures des rivières
- Kitsune : les renards métamorphes
- Tanuki : l’animal farceur et porte-bonheur
- Rokurokubi, Noppera-bo, Karakasa-obake : quelques figures étonnantes
- Les yokai dans les rouleaux peints et les livres illustrés
- Les yokai dans les estampes japonaises
- Pourquoi les yokai sont-ils visuellement si fascinants ?
- Mangas et anime : des créatures toujours vivantes
- Jeux vidéo japonais et créatures inspirées du folklore
- Films, séries et mascottes : les yokai revisités
- Le rapport à la nature
- Le respect des objets et du quotidien
- La peur, l’humour et la morale dans les récits populaires
- Une frontière souple entre visible et invisible
- Lire des contes et regarder des œuvres japonaises
- Explorer les estampes et images de yokai
- Choisir un objet japonais inspiré du folklore
En résumé
Qu’est-ce qu’un yokai japonais ?
Définition simple du mot yokai
Le mot yôkai (妖怪) se compose de deux caractères : yô (妖), qui évoque le mystérieux, l’étrange, le surnaturel, et kai (怪), qui désigne l’inquiétant, l’inexplicable. On pourrait le traduire par « être étrange » ou « phénomène mystérieux ».
Mais cette traduction reste imparfaite. Un yokai peut être terrifiant ou bienveillant, grotesque ou comique, immense ou minuscule. Il peut prendre la forme d’un animal, d’un objet, d’un phénomène naturel ou d’une créature humanoïde. Ce qui les unit, c’est leur appartenance au monde de l’invisible et de l’inexpliqué, ce que les Japonais nomment parfois kakuriyo (幽世), le monde caché.
Yokai, démon, esprit, fantôme : quelles différences ?
L’univers du surnaturel japonais est riche et nuancé. Il est facile de confondre un yokai, un oni, un yurei ou encore un kami. Voici un tableau pour y voir plus clair :
|
Terme |
Kanji |
Signification |
Caractéristiques principales |
|
Yôkai |
妖怪 |
Être étrange, phénomène surnaturel |
Catégorie générale, inclut les animaux, objets, et humanoïdes |
|
Obake |
お化け |
"Ce qui se transforme" |
Terme populaire, souvent synonyme de yokai |
|
Bakemono |
化け物 |
Être qui se métamorphose |
Terme ancien, proche de yokai et obake |
|
Oni |
鬼 |
Ogre, démon |
Humanoïde cornu, souvent maléfique, mais ambivalent |
|
Yûrei |
幽霊 |
Fantôme, esprit d’un mort |
Lié à un défunt porteur de rancœur ou d’un vœu inaccompli |
|
Kami |
神 |
Divinité, esprit sacré |
Vénéré dans le shintō, peut-être bienveillant ou courroucé |
Tous les oni sont des yokai, mais tous les yokai ne sont pas des oni.
Et un yurei n’est pas un yokai à proprement parler, c’est l’esprit d’un mort, là où un yokai est une entité du monde naturel ou surnaturel qui n’a pas nécessairement été humaine.
D’où viennent les yokai ?
Croyances populaires, nature et lieux du quotidien
Les yokai sont nés du rapport intime des Japonais à leur environnement. Dans un pays recouvert de forêts denses, traversé de rivières impétueuses et régulièrement frappé par des phénomènes naturels violents, l’inexpliqué avait besoin d’un nom et d’un visage.
Une maladie soudaine, un bruit dans la nuit, une disparition en montagne, une récolte inexplicablement gâtée : chacun de ces événements pouvait trouver une explication dans l’intervention d’un yokai. Les carrefours, les tunnels, les ponts, les puits, les vieilles maisons abandonnées, chaque lieu porte sa créature.
Influence du shintô, du bouddhisme et des récits anciens
Le shintô (神道), religion indigène du Japon, enseigne que la nature est peuplée d’esprits, les kamis. Cette vision animiste du monde a fourni un terreau fertile aux croyances liées aux yokai.
Le bouddhisme, introduit au Japon au VIe siècle, a enrichi cet univers de nouvelles figures : démons, gardiens, âmes errantes, créatures des enfers.
Les textes anciens comme le Nihon Shoki (日本書紀, "Chroniques du Japon", 720 apr. J.-C.) ou le Konjaku Monogatari (今昔物語集, XIIe siècle) recèlent déjà de nombreux récits de créatures extraordinaires.
Des contes oraux aux images imprimées
Longtemps transmis à l’oral, les récits de yokai ont commencé à se fixer par écrit et par l’image à partir de l’époque Heian (794–1185).
C’est à l’époque Edo (1603–1868) que leur représentation visuelle explose, grâce à l’essor de l’imprimerie et des ukiyo-e (浮世絵, estampes du monde flottant).
Le dessinateur Toriyama Sekien (鳥山石燕) en est la figure emblématique : ses quatre recueils illustrés de yokai, publiés entre 1776 et 1784, restent des références absolues.
Les grands types de yokai japonais
Le chercheur Japonologue Michael Dylan Foster, dans son ouvrage The Book of Yokai (University of California Press, 2015), propose de classer les yokai en grandes familles. En voici un aperçu :
|
Famille |
Exemples |
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Animaux métamorphes |
Kitsune, tanuki, kappa, tengu |
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Phénomènes naturels |
Raijin (tonnerre), Yamaarashi (typhon) |
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Objets animés |
Tsukumogami : karakasa-obake, kasa-obake |
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Humanoïdes |
Oni, rokurokubi, noppera-bô |
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Esprits et apparitions |
Yûrei, hitodama, shôjô |
Les yokai animaux
De nombreux yokai sont des animaux dotés de pouvoirs surnaturels. Le renard kitsune (狐), le raton laveur tanuki (狸), le serpent, la tortue ou encore le chat bakeneko (化け猫) : la liste est longue.
Ces animaux acquièrent leurs pouvoirs magiques avec l’âge ou selon certaines conditions rituelles.
Les yokai liés à la nature
Certains yokai personnifient des forces naturelles : les rivières, les montagnes, les tempêtes, les marécages, etc.
Ils rappellent que la nature au Japon n’est jamais tout à fait inerte. Elle est peuplée, animée, et parfois capricieuse.
Les objets qui prennent vie : les tsukumogami
Les tsukumogami (付喪神) sont des objets du quotidien comme des sandales, des parapluies, des théières, des instruments de musique… qui, après cent ans d’existence, développent une conscience et prennent vie. Cette croyance est profondément ancrée dans la culture matérielle japonaise.
Les yokai humanoïdes
Oni, tengu, rokurokubi, noppera-bo... Ces créatures à forme humaine ou quasi humaine sont souvent les plus inquiétantes, car elles nous ressemblent. Elles jouent sur la frontière entre le familier et l’étrange.
Les esprits et apparitions : attention à ne pas tout confondre
Les yurei (幽霊) (fantômes d’humains décédés) occupent une catégorie à part.
Contrairement aux yokai, ils sont liés à une histoire humaine, une rancœur, un amour inachevé. Les confondre avec les yokai est une erreur culturelle courante, un peu comme confondre un fantôme et un démon dans notre folklore.
Les yokai japonais les plus connus
Nurikabe, Ichiren-bozu, Keneo ou encore hyosube, il existe des centaines de yokai dans le folklore japonais. Voici les plus connus.
Oni : les ogres ou démons japonais
L’oni (鬼) est sans doute la figure la plus iconique. Colossal, cornu, armé d’une massue cloutée (kanabo, 金棒), souvent rouge ou bleu, il incarne la violence, la punition et les forces du chaos. On le compare souvent aux ogres de nos légendes.
Pourtant, l’oni est ambivalent : dans certains contextes, il protège, repousse les mauvais esprits, voire porte chance.
La fête de Setsubun (節分), qui a lieu aux alentours du 3 février, est une fête où l’on chasse les oni en lançant des graines de soja.
Tengu : les esprits des montagnes
Le tengu (天狗, "chien céleste") est une créature ailée aux traits humains, souvent représentée avec un long nez rouge ou un bec.
Masque de Tengu
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Habitant des forêts et des montagnes, il est à la fois un redoutable guerrier et un maître spirituel. Selon la tradition, certains samouraïs auraient appris le maniement du sabre auprès des tengu.
Aujourd’hui, cette figure célèbre du folklore nippon est remise au goût du jour, notamment au travers des masques japonais de la série Kimetsu no Yaiba.
Kappa : les créatures des rivières
Le kappa (河童) est une créature aquatique humanoïde, à la peau verdâtre et à la carapace de tortue, avec une coupelle d’eau sur le crâne, sa source de pouvoir.
Espiègle et parfois dangereux, il est aussi connu pour sa politesse : s’incliner devant lui suffit à le faire perdre l’eau de sa coupelle et donc ses forces. Une belle leçon sur la courtoisie japonaise, finalement.
Kitsune : les renards métamorphes
Le kitsune (狐) est un renard doué de métamorphose et d’intelligence surnaturelle. Il peut prendre l’apparence d’une femme, jouer des tours aux humains ou au contraire les protéger.
Tanuki : l’animal farceur et porte-bonheur
Le tanuki (狸), raton laveur du Japon, est une figure joyeuse et un peu absurde.
Tanuki porte-bonheur japonais
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Facétieux, porté sur la boisson et la bonne chère, il est capable de se transformer et d’envoûter les humains. Sa statuette, avec sa bedaine rebondie, son chapeau de paille, sa bouteille de saké et ses énormes testicules, orne encore aujourd’hui les devantures de nombreux restaurants japonais.
Rokurokubi, Noppera-bō, Karakasa-obake : quelques figures étonnantes
Il existe d’autres yōkai connus qui n’ont pas de famille propre :
- Le rokurokubi (轆轤首) possède un cou qui s’étire à l’infini dans la nuit, pendant que son corps dort.
- Le noppera-bo (のっぺらぼう) a l’apparence d’un humain parfait… jusqu’à ce qu’il révèle un visage lisse et sans traits.
- Le karakasa-obake (唐傘お化け) est le parapluie centenaire qui s’anime — l’un des tsukumogami les plus représentés dans l’art populaire.
Les yokai dans l’art japonais
Les yokai dans les rouleaux peints et les livres illustrés
Dès l’époque Heian, des rouleaux peints appelés emaki (絵巻) mettent en scène des processions de créatures étranges.
Le Hyakki Yagyo (百鬼夜行, "la procession nocturne des cent démons") est l’un des thèmes les plus représentés : une cohorte de yōkai défilant dans la nuit, vieilles armures et ustensiles animés en tête. Cette image est devenue un symbole fort de l’imaginaire japonais.
À l’époque Edo, les kibyoshi (黄表紙, "livres à couverture jaune") et les encyclopédies illustrées de yokai, notamment celles de Toriyama Sekien, diffusent massivement ces représentations dans toutes les couches de la société.
Les yokai dans les estampes japonaises
Les ukiyo-e (浮世絵) consacrent de nombreuses compositions aux yokai.
Utagawa Kuniyoshi, maître de l’estampe du XIXe siècle, est célèbre pour ses représentations de squelettes géants, de pieuvres fantastiques et de yokai grotesques ou majestueux.
Ces images sont aujourd’hui des œuvres d’art recherchées par les collectionneurs du monde entier.
Pourquoi les yokai sont-ils visuellement si fascinants ?
Les yokai offrent aux artistes une liberté totale : pas de canons religieux stricts à respecter, une grande variété de formes, d’expressions et de récits.
Cette liberté créative, combinée à une charge symbolique puissante, en fait des sujets visuellement inépuisables, autant hier dans les ateliers d’estampes d’Edo, qu’aujourd’hui dans les studios d’animation de Tokyo.
Les yokai dans la culture populaire contemporaine
Mangas et anime : des créatures toujours vivantes
Les yokai sont omniprésents dans la culture populaire japonaise contemporaine.
GeGeGe no Kitaro (ゲゲゲの鬼太郎) de Shigeru Mizuki, publié dès les années 1960, est la série emblématique qui a réintroduit les yokai dans le quotidien des Japonais modernes.
On les retrouve aussi dans des œuvres comme Natsume Yujin-cho (夏目友人帳), Kekkaishi (結界師), Inuyasha (犬夜叉) ou encore Noragami (ノラガミ) : les références sont innombrables.
Jeux vidéo japonais et créatures inspirées du folklore
La saga Pokémon puise abondamment dans le folklore japonais pour créer ses créatures : Feunard (kitsune), Tengalice (tengu), Soporific (baku)… De même, les séries Yo-kai Watch (妖怪ウォッチ) ou plus récemment Kemono Incidents (怪物事変) mettent explicitement en scène des yokai modernisés.
Films, séries et mascottes : les yokai revisités
Hayao Miyazaki et le Studio Ghibli ont revisité le folklore yokai de manière magistrale : Mon Voisin Totoro (Tonari no Totoro, となりのトトロ), Princesse Mononoké (Mononoke-hime, もののけ姫), ou Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no Kamikakushi, 千と千尋の神隠し) sont imprégnés de ces figures. Sans jamais les réduire à des monstres, Miyazaki en fait des personnages complexes, porteurs d’une philosophie ou représentant une facette de la société japonaise.
Ce que les yokai racontent de la culture japonaise
Le rapport à la nature
Les yokai témoignent d’une relation de respect mêlé de crainte envers la nature, qui peut s’avérer dangereuse au Japon. Son peuplement par des créatures surnaturelles incite à faire preuve d’une sagesse écologique qui incite à la prudence, au respect, à la modestie face à ce qui nous dépasse. On retrouve d’ailleurs cette notion dans les films de Miyazaki.
Le respect des objets et du quotidien
Les tsukumogami portent un message fort : ne jetez pas les choses à la légère, ne maltraitez pas ce qui vous sert. Cette croyance trouve un écho direct dans la culture matérielle japonaise, où l’artisanat, la durabilité et l’entretien des objets sont des valeurs centrales. On peut y voir aussi une autre source de motivation au fameux concept de "mottainai" dont nous vous avions déjà parlé.
les tsukumogami, source du succès des brocantes japonaises ?
S'il est un pays où les brocantes sont extrêmement régulières dans leur fréquence, c'est bien le Japon. Ne serait-ce qu'à Kyoto, ce sont pas moins de trois brocantes qui ont lieu à jour fixe tous les mois (on vous recommande celle du To-ji près de la gare), tandis que d'autres événements supplementaires viennent encore s'ajouter à certains moments particuliers.
Une des raisons du succès de ces brocantes, c'est bien entendu l'approche "mottainai" d'un point de vue général, mais c'est pour les japonais traditionnalistes plus particulièrement une méthode pour se détacher d'objets anciens susceptibles de se transformer en tsukumogami du fait du temps passé dans leur maison. Rassurez-vous : en achetant un objet qui vous plait dans une brocante, vous ne rapporterez pas pour autant un mauvais esprit à domicile ! Pour peu que vous en preniez soin, le yokai -si tant est qu'il soit là- sera bien content d'avoir trouvé une nouvelle famille d'accueil ! ;-)
La peur, l’humour et la morale dans les récits populaires
Les récits de yokai ne sont pas seulement effrayants. Ils sont souvent drôles, absurdes, moralisateurs.
Le tanuki ivre qui se prend pour un samouraï, le kappa déjoué par une révérence : l’humour est aussi une composante essentielle du folklore yokai.
À l’image des fables, ces histoires enseignent aussi des valeurs : ne pas se moquer des vieux, ne pas jeter des ordures dans les rivières, respecter les lieux sacrés, etc.
Une frontière souple entre visible et invisible
Dans la cosmologie japonaise, le monde des vivants et le monde des esprits ne sont pas hermétiquement séparés. Certaines nuits, certains lieux, comme le tunnel Kiyotaki, ou encore certains objets permettent ce passage.
Les yokai incarnent cette porosité entre le visible et l’invisible. Une vision du monde qui imprègne encore profondément la culture japonaise contemporaine.
Comment découvrir l’univers des yokai aujourd’hui ?
Lire des contes et regarder des œuvres japonaises
Si vous êtes fasciné par le monde des yokai, voici une sélection de quelques œuvres incontournables :
- Les mangas de Shigeru Mizuki, notamment Dictionnaire des yokai (traduit en français)
- Les films du Studio Ghibli, à regarder avec un œil attentif aux références folkloriques
- Les romans de Lafcadio Hearn (Kwaidan, 1904), un des premiers Occidentaux à avoir transcrit le folklore japonais en anglais
- Les livres de Sylvain Jolivalt, joliment illustrés à la main, sont une mine d’or pour en apprendre plus sur les créatures du Japon et les Oni.
Explorer les estampes et images de yokai
Les estampes ukiyo-e représentant des yokai sont une porte d’entrée magnifique dans cet univers. Kuniyoshi, Sekien, Hokusai : ces maîtres ont laissé des images d’une puissance visuelle incomparable, que l’on peut aujourd’hui découvrir sous forme de reproductions de qualité.
Choisir un objet japonais inspiré du folklore
Un noren (暖簾, rideau de séparation) orné d’un kitsune, un masque de tengu, une figurine de tanuki en céramique, un furoshiki célébrant la parade des yokai… Les objets inspirés du folklore yokai sont nombreux et permettent de faire entrer un peu de cet imaginaire dans votre quotidien.
FAQ sur les yokai japonais
Qu’est-ce qu’un yokai japonais ?
Un yokai est un être surnaturel du folklore japonais (animal, objet, phénomène naturel ou créature humanoïde) lié à l’inexpliqué, à la nature ou à la magie. Le terme englobe une très grande variété de figures.
Quelle est la différence entre un yokai et un démon ?
Le mot « démon » est une traduction approximative. Certains yokai sont maléfiques, d’autres bienveillants, d’autres encore simplement facétieux. Les oni (鬼) sont les plus proches de la figure du démon, mais même eux sont ambivalents.
Quelle est la différence entre yokai et yurei ?
Un yurei (幽霊) est le fantôme d’un humain décédé, retenu par une émotion forte. Un yokai est une entité surnaturelle qui n’a pas nécessairement été humaine, mais qui est reliée au monde terrestre. Ce sont deux catégories distinctes, même si elles se côtoient dans les récits.
Quels sont les yokai japonais les plus connus ?
Oni, kitsune, tengu, kappa, tanuki, rokurokubi, noppera-bo, tsukumogami... La liste est longue et varie selon les régions du Japon.
Les yokai sont-ils toujours maléfiques ?
Non. Beaucoup de yokai sont neutres, espiègles ou même protecteurs. Le kitsune peut guider et protéger, mais aussi tromper, le tanuki peut apporter la chance. La notion de bien absolu et de mal absolu ne s’applique pas vraiment à cet univers.
Quel est le yokai japonais le plus célèbre ?
Difficile de trancher, mais l’oni et le kitsune sont probablement les deux figures les plus reconnaissables, au Japon comme à l’international.
Que signifie kitsune dans le folklore japonais ?
Le kitsune (狐) est un renard doué de pouvoirs magiques : métamorphose, illusion, longévité. Plus il vieillit, plus il gagne de queues. Il est aussi le messager de la divinité Inari.
Qu’est-ce que le Hyakki Yagyo ?
Le Hyakki Yagyo (百鬼夜行, "procession nocturne des cent démons") est une image emblématique du folklore japonais : une cohorte de yokai défilant dans la nuit. Ce thème est représenté dès l’époque Heian dans des rouleaux peints, et reste une référence majeure de l’art yokai.
Où découvrir des objets ou estampes inspirés du folklore japonais ?
Sur des boutiques spécialisées en culture japonaise comme Konjaku, qui proposent des objets artisanaux fabriqués au Japon et des objets de pop culture japonaise importés du Japon, sélectionnés avec soin.
En résumé
Les yokai (妖怪) racontent le rapport des Japonais à la nature, la peur de l’inconnu ou encore au respect des objets et du vivant. Ces monstres et créatures nés de croyances millénaires, ont traversé les siècles en se réinventant. Leur représentation s’est aujourd’hui très largement démocratisée, passant des rouleaux peints de l’époque Heian aux mangas contemporains, des estampes aux jeux vidéo.
Comprendre les yokai, c’est comprendre un peu plus finement ce qui fait la singularité et la richesse du Japon. Et si cet univers vous fascine, l’art, l’artisanat et la pop culture japonaise offrent mille façons de le rejoindre au quotidien.
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