• Sudare, l'art du store japonais

    Sudare, l'art du store japonais


    Comment les japonais gèrent les espaces intérieurs avec légèreté


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    Comment les japonais gèrent les espaces intérieurs avec légèreté


  • Sudare, l'art du store japonais

    Sudare, l'art du store japonais


    Comment les japonais gèrent les espaces intérieurs avec légèreté


Sudare, l'accueil à la japonaise

Le terme de sudare décrit une paroi légère formée de brin de bambou assemblés et formant un rideau semi rigide. C'est la version japonaise de "nos" stores vénitiens.
A l'origine, les sudare étaient utilisés pour mettre en place des séparations au sein d'une pièce, permettant ainsi d'offrir une certaine intimité à son occupant. Ces volets fins étaient donc la première manière de marquer un certain sens de l'accueil vis à vis de ses convives et leur réalisation a donc toujours été l'objet d'un soin particulier.
Par extension, il est également utilisé dans les sanctuaires shinto pour manifester une séparation entre l'espace sacré, où réside la divinité, et l'espace profane, extérieur . Au moyen-âge, un sudare séparait d'ailleurs l'espace entre l'empereur et ses invités, ceux-ci n'étant pas autorisés à voir son visage directement.

Encore aujourd'hui, le sudare est utilisé comme rideau devant une fenêtre pour protéger de la lumière, et également pour ferme un porche lors des fortes chaleurs estivales.

L'intérêt majeur du sudare, au delà de sa qualité esthétique, est de protéger de la chaleur estivale, tout en laissant passer une lumière tamisée et un léger courant d'air assez agréable.




l'art du travail du bambou

Le bambou fait partie des éléments naturels que les japonais ont été amené à utiliser de nombreuses manières très tôt, en raison de sa profusion sur le territoire. Il a ainsi servi énormément tant comme matériau de construction, que pour fabriquer des accessoires de cuisine, et pour des éléments de décoration.
Si l'usage du bambou au Japon est assez général, c'est dans les régions où les plantations sont les plus étendues que l'artisanat autour de cette plante s'est le plus développé, chacun avec ses particularités. Ainsi l'usage de bandes de bambou assouplies et ensuite utilisées en tressage est assez typique des région d'Iwate et Aomori, au nord de Honshu, et de Oita, à l'ouest de Kyushu, tandis que la région de Shizuoka, près du mont Fuji, est connue pour l'usage de brins très fins en vue de réaliser vases, cages à insectes et autres luminaires. Si ce dernier artisanat, vous intéresse, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil sur l'article que nous lui avons dédié --> ici <--.

L'utilisation du bambou sous forme de brins est également l'apanage des fabricants de sudare qui recherchent justement à exploiter cette finesse pour obtenir un store à la fois léger et esthétique. On trouve des spécialistes du sudare dans la région de Kyoto, mais aussi près de Fukuoka, sur l'île de Kyushu. C'est d'ailleurs la maison Shikada, entreprise familiale qui exerce depuis plus d'un siècle, qui nous a fourni les illustrations de cet article.
Le choix du bambou utilisé a son importance. Tous n'ont pas les même propriétés. Pour les sudare, on utilise souvent le Yame qui possède des caractéristiques adaptées au tréfilage et à d'une grande résistance au temps.

Ne rien laisser au hasard

Comme nous l'avions déjà évoqué dans notre article au sujet du suruga sensuji, partir d'un tronc de bambou pour arriver à réaliser des brins tous d'un même diamètre est un travail de bénédictin. Il demande une maitrise acquise à force d'expérience et de beaucoup de temps et de précision.

Par exemple, un "bon" sudare demande à proposer une surface plane, parfois sur de très grandes longueurs. Or, comme toute fibre naturelle, le bambou travaille avec le temps et son utilisation sous forme de brins très fins tend à amplifier les phénomènes de torsion qu'on peut imaginer.
Il est donc important d'être attentif sur la réalisation des brins pour qu'ils soient avant tout parfaitement droits afin de réduire au minimum ce besoin naturel de torsion. Ensuite l'artisan devra sélectionner les brins et les placer alternativement sur une face, puis sur l'autre afin qu'ils compensent mutuellement leur courbure naturelle.

Reste enfin à gérer les "noeuds" du bambou, lesquels sont souvent utilisés pour générer un dessin sur le sudare. Là encore, toute l'expertise de l'artisan est requise pour placer les brins à la bonne hauteur avant assemblage, afin de réaliser ce "dessin", tout en tenant compte de cette fameuse alternance de face évoquée auparavant.

le petit plus d'un intérieur moderne

Si le sudare traditionnel fait immédiatement référence à un espace japonais plutôt classique, générant une ambiance peut-être un peu vieillissante, certains artisans ont résolument franchi le pas pour proposer des version modernes du sudare.

Celui-ci devient alors le support d'une touche subtile d'Asie dans un espace moderne. C'est ainsi que certains grands architectes n'hésitent pas à exploiter cette forme de store pour revisiter les espaces et leur donner un look très design.

Par exemple, l'architecte japonais Kengo Kuma a réalisé en 2016 la déco du restaurant Shizuku à Portland (Oregon, USA) en revisitant le travail du sudare dans un esprit très moderne.

photo du restaurant Shizuku - copyright Jeremy Bittermann

La plupart des images qui illustrent cet article nous ont été aimablement fournies par la société Shikada, située à Hirokawa, sur l'île de Kyushu au Japon.

Et si vous adoptiez une déco japonaise?


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