• Bien choisir son bokken

    Bien choisir son bokken


    Quel bois? Quelle forme? Konjaku vous aide à vous y retrouver!


Pourquoi un bokken "japonais"?

Si vous démarrez dans un art martial demandant ce genre d'équipement, la question du budget se pose souvent.
Et avec lui, la tentation des produits proposés parfois dans les magasins de sports ou de grande distribution est très grande.
La plupart du temps, ces réseaux commerciaux proposent des produits fabriqués à la chaîne dans un pays d'Asie du Sud Est comme les Philippines, la Chine, etc.
Mais après tout, un bokken, c'est  un "bout de bois", certes taillé selon un certain profil. On peut donc se demander quel serait l'intérêt d'avoir un certain niveau d'exigence au regard des écarts de prix parfois importants qu'on peut constater.

Il n'y a pas de mystère: s'il y a une différence de prix, c'est souvent qu'il y a aussi une différence de qualité.
Or, en particulier lorsqu'on débute, on peut avoir tendance à être un peu maladroit avec son arme. Par voie de conséquence, si un bokken est en principe utilisé pour frapper plutôt à la tangente de l'arme adverse (afin de préserver sa lame), il arrive assez fréquemment que celui-ci subisse quelques chocs importants, le pratiquant tendant à frapper un peu trop "frontalement".

Les conséquences se font rapidement sentir: le bokken prend des coups et réagit en fonction.
Si votre sabre a été fabriqué de manière un peu légère, vous verrez alors rapidement apparaître des échardes, voir même subirez une casse prématurée du fait d'un noeud mal placé ou autre défaut inhérent au bois utilisé.

L'intérêt des bokken japonais prend alors tout son sens: même si les maisons fabricant encore les bokken artisanalement au Japon sont au nombre de quatre, toutes sont attentives à la fois à la sélection du bois et ensuite à la manière de le tailler.
Si vous avez envie d'en apprendre plus sur la manière dont travaillent les artisans japonais, nous vous invitons à jeter un coup d'oeil sur l'article de notre partenaire Seido qui détaille les étapes de fabrication d'un bokken au Japon.
Issue d'un savoir traditionnel bien ancré, l'approche japonaise de fabrication du bokken va permettre non seulement de porter un grande attention à la sélection du bois, et donc d'éviter au maximum les défauts générateurs de casse, mais aussi d'avoir un bois acceptant mieux les chocs: un bokken japonais "marquera" évidemment au choc mais il ne générera qu'exceptionnellement des échardes, pour le plus grand plaisir non seulement de son propriétaire mais aussi de ses partenaires.


Chêne rouge? Chêne blanc? Sunuke?

Reste ensuite à décider dans quelle essence de bois vous souhaiterez acquérir votre bokken.

La majorité du temps, le choix se portera entre chêne rouge et chêne blanc, qui demeurent les deux essences de référence en matière de bokken de qualité. Ces deux arbres offrent en effet un bon équilibre entre résistance aux chocs et poids.

Il se peut que le critère majeur de décision sera finalement purement esthétique: certains sont amoureux de la pâleur d'un chêne blanc, voire de la régularité de son grain lorsqu'on se porte sur un modèle "luxe", tandis que d'autres leur préféreront la chaleur d'un beau chêne rouge. A ce niveau tous les goûts sont dans la nature et nous ne nous sentirons pas le droit de critiquer les choix de chacun.

Néanmoins, on peut se douter que le fait qu'un chêne blanc soit parfois plus onéreux qu'un bokken en chêne rouge ait bel et bien une raison plus "pragmatique".
Dans les faits, il semble en effet que le chêne blanc offre une plus grande robustesse aux bokken fabriqués dans ce bois, que ceux en chêne rouge. D'un autre coté, les bokken en chêne blanc sont un peu plus chers, en particulier lorsqu'on s'oriente sur les modèles "deluxe", dont la sélection du bois a été encore plus attentive.

Lorsqu'un pratiquant nous demande conseil en boutique, notre approche sera en général de suggérer aux débutants de ne pas dépenser trop et donc de s'orienter vers un sabre en chêne rouge, ou en chêne blanc "standard", pour y faire ses premières armes: il n'aura ainsi pas trop de regret à voir son arme prendre des marques lors de ses premières heures d'entrainement.
Par contre, pour un pratiquant confirmé, nous recommanderions plutôt de s'orienter vers un bokken en chêne blanc, et de préférence de qualité supérieure, qui évitera une casse subite en pleine démonstration.

Notez que certaines pratiques particulièrement "martiales" mettront nécéssairement votre matériel à rude épreuve. Si vous envisagez par exemple de pratiquer le "Kashima Shin Ryu", n'espérez pas qu'un bokken "classique" ne survive très longtemps. Pour ce genre de pratique, il existe des modèles plus épais, dédiés à celle-ci.
 




 

D'autres essences sont parfois utilisées pour la réalisation des bokken, telles que le sunuke, le camélia, voire le néflier.
On tombe alors presque dans l'oeuvre d'art tant les bokken réalisés sont d'une esthétique étonnante. Mais évidemment, le choix de ces bois-là, vu leur prix, a également d'autres motivations.
Le sunuke est un bois d'une très forte densité. On l'appelle parfois l'ébène japonais. Il sera très intéressant pour un pratiquant confirmé, ayant la disponibilité pour travailler avec une arme un peu plus lourde que la moyenne.
Le camélia, ou tsubaki, offrira au contraire une très grande légèreté qui s'adaptera bien à un travail en précision, le pratiquant ne pouvant s'appuyer sur l'inertie naturelle offerte, par exemple, par un chêne blanc.
Enfin, le néflier, appelé également "hon biwa", sera à réserver aux pratiquants exigeants. D'une très grande solidité, il permettra de se garantir d'une arme qui marquera peu à l'usage. Il s'agit là vraiment de la "rolls" des bokken.
 


Un bokken adapté à votre école?

S'il existe aujourd'hui une forme plus ou moins standardisée du "bokken", il existe néanmoins plusieurs variantes selon la destination qu'on donne à son sabre, et également selon les exigences de son école.

En effet, certains pratiquants utilisent le bokken comme outil de développement physique, en particulier durant les phases d'échauffement, par exemple lors d'un suburi un peu intense. Ceux-là chercheront alors un article peut-être moins conforme en matière de forme et de poids aux bokken traditionnnels mais plutôt un produit plus épais, lourd, favroisant ce type de travail.
On peut trouver ce genre de produit. Ils portent le plus souvent la dénomination de "suburito".

Mais il existe également des écoles qui privilégient certains aspects du travail au sabre, et pour lesquelles des modèles ont été développés pour s'adapter à leurs besoins.
Au Japon, on peut trouver une gamme assez étendue de bokken proposés selon l'école à laquelle on appartient. Parfois même au sein d'une même lignée, les modèles varient qu'on pratique dans l'un ou l'autre dojo.
En Occident, la variété est plus réduite mais existe.
En particulier, on peut être amené à pratiquer selon l'école "Kashima Shin Ryu" qui utilise le bokken d'une manière plus "dure". Elle demandera donc un bokken particulièrement solide, et -surtout- équipé d'une tsuba résistante pour éviter de se blesser lors de la pratique. Certains élèves de Christian Tisser, comme Michel Erb par exemple, sont adeptes de cette approche. Si vous pratiquez dans un club suivant l'école Kashima, il peut être utilise de vous équiper d'un bokken adapté.
Issue de la célèbre école Yagyu, la lignée "Jiki shinkage ryu" privilégie un bokken très fin, à peine courbé, rappelant par certains aspects le naginata (mais plus court bien sur!). C'est un bokken très particulier à utiliser du fait de sa finesse et de sa légèreté, à réserver aux gens recherchant la précision du geste, ce genre de bokken n'offrant pour ainsi dire aucune inertie dans son usage. Certaines écoles d'aïkido apprécient l'usage de ce modèle en France, en particulier Léo Tamaki et nombre de ses élèves. Si vous pratiquez dans un club de Kishinkaï, vous serez peut-être amené à préférer ce type de matériel.
 


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